Littérature en douceur

06 mars 2018

20000 lieues sous les mers de Richard Fleisher, 1954

Un repas à bord du Nautilus

 

Nous arrivâmes dans la salle à manger, où le déjeuner se trouvait servi.

« Monsieur Aronnax, me dit le capitaine, je vous prierai de partager mon déjeuner sans façon. Nous causerons en mangeant. Mais, si je vous ai promis une promenade en forêt, je ne me suis point engagé à vous y faire rencontrer un restaurant. Déjeunez donc en homme qui ne dînera probablement que fort tard. »


Je fis honneur au repas.

Je fis honneur au repas. Il se composait de divers poissons et de tranches d’holoturies, excellents zoophytes, relevés d’algues très apéritives, telles que la Porphyria laciniata et la Laurentia primafetida. La boisson se composait d’eau limpide à laquelle, à l’exemple du capitaine, j’ajoutai quelques gouttes d’une liqueur fermentée, extraite, suivant la mode kamchatkienne, de l’algue connue sous le nom de « Rhodoménie palmée ».

Le capitaine Nemo mangea, d’abord, sans prononcer une seule parole. Puis, il me dit :

« Monsieur le professeur, quand je vous ai proposé de venir chasser dans mes forêts de Crespo, vous m’avez cru en contradiction avec moi-même. Quand je vous ai appris qu’il s’agissait de forêts sous-marines, vous m’avez cru fou. Monsieur le professeur, il ne faut jamais juger les hommes à la légère. 

— Mais, capitaine, croyez que…

— Veuillez m’écouter, et vous verrez si vous devez m’accuser de folie ou de contradiction.

— Je vous écoute.

— Monsieur le professeur, vous le savez aussi bien que moi, l’homme peut vivre sous l’eau à la condition d’emporter avec lui sa provision d’air respirable. Dans les travaux sous-marins, l’ouvrier, revêtu d’un vêtement imperméable et la tête emprisonnée dans une capsule de métal, reçoit l’air de l’extérieur au moyen de pompes foulantes et de régulateurs d’écoulement.

— C’est l’appareil des scaphandres, dis-je.

— En effet, mais dans ces conditions, l’homme n’est pas libre. Il est rattaché à la pompe qui lui envoie l’air par un tuyau de caoutchouc, véritable chaîne qui le rive à la terre, et si nous devions être ainsi retenus au Nautilus, nous ne pourrions aller loin.

— Et le moyen d’être libre ? demandai-je.

— C’est d’employer l’appareil Rouquayrol-Denayrouze, imaginé par deux de vos compatriotes, mais que j’ai perfectionné pour mon usage, et qui vous permettra de vous risquer dans ces nouvelles conditions physiologiques, sans que vos organes en souffrent aucunement. Il se compose d’un réservoir en tôle épaisse, dans lequel j’emmagasine l’air sous une pression de cinquante atmosphères. Ce réservoir se fixe sur le dos au moyen de bretelles, comme un sac de soldat. Sa partie supérieure forme une boîte d’où l’air, maintenu par un mécanisme à soufflet, ne peut s’échapper qu’à sa tension normale. Dans l’appareil Rouquayrol, tel qu’il est employé, deux tuyaux en caoutchouc, partant de cette boîte, viennent aboutir à une sorte de pavillon qui emprisonne le nez et la bouche de l’opérateur ; l’un sert à l’introduction de l’air inspiré, l’autre à l’issue de l’air expiré, et la langue ferme celui-ci ou celui-là, suivant les besoins de la respiration. Mais, moi qui affronte des pressions considérables au fond des mers, j’ai dû enfermer ma tête, comme celle des scaphandres, dans une sphère de cuivre, et c’est à cette sphère qu’aboutissent les deux tuyaux inspirateurs et expirateurs.

— Parfaitement, capitaine Nemo, mais l’air que vous emportez doit s’user vite, et dès qu’il ne contient plus que quinze pour cent d’oxygène, il devient irrespirable. Jules Verne

 

Comparez l'extrait et son adaptation cinématographique. Quels éléments retrouvez-vous? Lesquels sont des ajouts? Quel est le rôle du déjeuner dans le texte? Et au cinéma? (Répondez sur le cahier d'exercices.)

 

Posté par MBaillard à 17:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Mariage de Figaro

 

MARIAGE DE FIGARO

 Figaro, seul sur scène

Est-il rien de plus bizarre que ma destinée ! Fils de je ne sais pas qui ; volé par des bandits ; élevé dans leurs mœurs, je m'en dégoûte et veux courir une carrière honnête; et partout je suis repoussé !
J'apprends la chimie, la pharmacie, la chirurgie ; et tout le crédit d'un grand seigneur peut à peine me mettre à la main une lancette vétérinaire ! —
Las d'attrister des bêtes malades, et pour faire un métier contraire, je me jette à corps perdu dans le théâtre : me fussé-je mis une pierre au cou ! Je broche une comédie dans les mœurs du sérail ; auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule : à l'instant un envoyé de je ne sais où se plaint que j'offense dans mes vers la Sublime Porte, la Perse, une partie de la presqu'île de l'Inde, toute l'Égypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d'Alger et de Maroc ; et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois, ne sait lire, et qui nous meurtrissent l'omoplate, en nous disant : Chiens de chrétiens !
— Ne pouvant avilir l'esprit, on se venge en le maltraitant.— Mes joues creusaient, mon terme était échu: je voyais de loin arriver l'affreux recors, la plume fichée dans sa perruque ; en frémissant je m'évertue. Il s'élève une question sur la nature des richesses ; et comme il n'est pas nécessaire de tenir les choses pour en raisonner, n'ayant pas un sou, j'écris sur la valeur de l'argent, et sur son produit net : aussitôt je vois, du fond d'un fiacre, baisser pour moi le pont d'un château fort, à l'entrée duquel je laissai l'espérance et la liberté. (Il se lève.) Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu'ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a cuvé son orgueil ! Je lui dirais que les sottises imprimées n'ont d'importance qu'aux lieux où l'on en gêne le cours ; que, sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur ; et qu'il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. (Il se rassied.)  

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, 1784.

Extrait de l'Acte V, scène 3

 

1) Quel est le métier que Figaro a tenté d'exercer? Pourquoi a-t-il échoué?

2) Quelle liberté défend-il dans ce monologue? (Citez le texte.)

3) Dans l'extrait, quel image le metteur en scène veut-il donner de Figaro. Décrivez-le.

 

 

 

Posté par MBaillard à 17:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Métropolis

Metropolis est une oeuvre expressionniste de Fritz Lang. Elle date de 1927.

Au vu de la scène, tentez de donner une définition du mot "Expressionniste". Que représente cette scène? Comment la comprenez-vous? Après l'avoir visionnée, expliquez en quoi Metropolis est-elle aussi une oeuvre de science-Fiction?

Metropolis Factory Scene (Rescoring)

Posté par MBaillard à 14:54 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

11 janvier 2018

 Ecoutez l'émission de radio en intégralité et présentez votre pastiche préféré sur feuille.

"Les Pastiches"

Une fin d'année sous le signe du rire, avec une rediffusion de l'émission enregistrée en public au Théâtre de l'Odéon, le 23 juin 2012 Ce soir, pour la dernière émission de la saison, enregistrée en public au Théâtre de l'Odéon, amusons-nous à lire les pastiches des plus grands écrivains, de Racine à Marguerite Duras, en passant par Shakespeare, Proust, Virginia Woolf, Tolstoï ...

https://www.franceinter.fr

 

Posté par MBaillard à 15:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]